Voyage

Urbex à Berlin

26 juin 2013

Beelitz 6

L’exploration urbaine (ou urbex) est chez moi une lubie un peu moins passagère que les autres. Impossible de lutter contre la fascination qu’exercent les bâtiments abandonnés, que l’on vienne y chercher les fantômes du passé ou ceux plus inquiétants du futur.

Berlin est une ville parfaite pour se consacrer à cette passion. Il n’est qu’à voir le nombre de sites répertoriés par l’excellent site d’Abandoned Berlin pour s’en convaincre ! Lors d’un séjour l’été dernier, nous avons pu en découvrir quelques-uns…

Etape 1 : Spree park, le parc d’attraction de la DDR

Découvert par hasard il y a quelques années lors d’une ballade au bord de la Spree, ce parc d’attraction m’a obsédé jusqu’à mon retour à Berlin cet été. Construit en 1969, il connut ses heures de gloires sous la RDA et accueillit jusqu’à 1,7 millions de visiteurs par an. Abandonné depuis 2002 à la suite de nombreux rebondissements, il est aujourd’hui dans une situation étrange : en état avancé de délabrement et pourtant toujours exploité, les propriétaires ayant certainement compris l’attrait que pouvait présenter un tel lieu. Le dimanche, le petit train qui fait le tour du parc fonctionne à nouveau, une petite guérite vend des boissons, et des restes disloqués de manèges sont réunis sur la place centrale façon musée des horreurs. Cette marchandisation de l’étrange ne nous intéressait pas et nous avons profité d’un trou dans la clôture pour faire une petite ballade… qui s’est soldée par une expulsion manu militari par l’agent de sécurité (d’où le peu de photos…).

Etape 2 : Le Teufelsberg, station espionne américaine

Teufeslberg signifie en allemand « montagne du diable ». Cette colline artificielle a été construite avec les gravas de Berlin, recouvrant au passage une gigantesque université nazi qui, selon la légende, était indestructible. Les Américains y ont construit une station d’espionnage pour capter les communications d’Allemagne de l’Est et d’URSS. Abandonnés en 1991 et vidés de tout leur matériel, vous pouvez aujourd’hui visiter les bâtiments et surtout les tours qui proposent un panorama exceptionnel sur Berlin. Ici encore un trou dans la palissade nous a permis de rentrer aisément. Une fois sur place, pas de soucis à se faire, nous n’avons croisé aucun agent de sécurité… mais plus de visiteurs qu’à la Gemäldegalerie un samedi après-midi !

Etape 3 : Beelitz, le sanatorium

Bon là, on s’attaque à du lourd. Construit en 1898, ce sanatorium pour soigner la tuberculose est vite rattrapé par l’histoire. Il devient lors de la  Première guerre mondiale un hôpital militaire pour l’armée allemande et accueille à ce titre un tristement célèbre résident. En 1945, il tombe aux mains des troupes soviétiques qui y resteront jusqu’en 1995, bien après la chute du Mur.

Si vous vous arrêtez à la gare de Beelitz, vous êtes pile au milieu du complexe hospitalier. Mais prenez garde, c’est immense ! Parmi la soixantaine de bâtiments, certains sont tout simplement impénétrables, d’autres vous ouvrent largement leurs portes. Comptez une bonne journée pour avoir le temps de tout voir.

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